Les classes surchargées : témoignages d’enseignants

L'ampleur du phénomène

Dans certaines écoles publiques marocaines, les classes dépassent 40, parfois 50 élèves. Comment enseigne-t-on dans ces conditions ? Quelles conséquences sur les apprentissages ? Edumag a recueilli les témoignages de plusieurs enseignants.

L’ampleur du phénomène

Les normes officielles tournent autour de 30-35 élèves par classe en primaire. Dans les faits, surtout en zones urbaines populaires, les effectifs réels dépassent souvent ces seuils. La pression démographique, le sous-effectif d’enseignants et l’inégale répartition expliquent ces situations.

Témoignage 1 : Khalid, instituteur à Casablanca

« 42 élèves en CE2. Physiquement, le projet pédagogique change. Je ne peux pas faire de travail en groupes : il n’y a pas la place. Je ne peux pas écouter chaque enfant lire individuellement chaque semaine. Je perds 15 minutes par cours juste pour ramener le calme. »

Témoignage 2 : Fatima, enseignante de français au collège

« 45 élèves en 6e. Quand je rends une rédaction corrigée, ça me prend deux soirées entières. Je sacrifie ma famille pour mes élèves, ou j’écourte la correction. Les enseignants tiennent par devoir, mais on s’use. »

Les conséquences pédagogiques

Moins de différenciation, moins d’attention individuelle, plus de discipline frontale, moins d’innovation. Les élèves en difficulté décrochent silencieusement, les très bons s’ennuient. Les neurosciences sont formelles : au-delà de 25 élèves, la qualité chute fortement.

Les stratégies des enseignants

Tutorat entre pairs (les bons aident les moins bons), travail en îlots quand l’espace le permet, exercices auto-correctifs, recours au numérique quand il est disponible. Beaucoup d’initiatives individuelles compensent un système structurellement sous-dimensionné.

Que dit le Ministère ?

Le plan de recrutement d’enseignants se poursuit. Des écoles pionnières expérimentent des dispositifs renforcés. La promesse : réduire progressivement les effectifs. La réalité avance, lentement, selon les régions et la pression démographique.

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