Coup de projecteur : les enseignants qui marquent une vie
Ces enseignants qui marquent une vie : témoignages
Chacun a son nom, son visage, sa phrase qui revient. L’enseignant qui a tout changé. On ne l’oublie jamais. Edumag a recueilli cinq témoignages de Marocains qui rendent hommage, des années plus tard, à un professeur qui a marqué leur vie.
Karim, 38 ans, ingénieur
« En 2e année collège, j’étais un cancre en maths. M. Bouchaib, mon prof, m’a dit un jour : « Toi tu comprends, mais tu n’y crois pas. C’est ça ton problème, pas les maths. » Il m’a fait passer au tableau chaque cours pendant trois mois. Au troisième mois, j’avais 16/20. Aujourd’hui je suis ingénieur. Sans lui, jamais. »
Salma, 27 ans, médecin
« Mme Nadia, prof de SVT au lycée. Elle parlait des cellules comme si c’étaient des personnes. C’est elle qui m’a donné envie de la médecine. À chaque examen difficile pendant mes études, je revoyais son sourire. »
Mehdi, 45 ans, écrivain
« M. Bensalem, prof de français en seconde. Il m’a rendu une rédaction avec écrit en rouge : « Tu écris comme on respire. Ne t’arrête jamais. » J’avais 15 ans. Trente ans plus tard, j’ai publié mon troisième livre. Je lui dois ma vocation. »
Hayat, 33 ans, professeure des écoles
« Ma maîtresse de CE2, Mme Aïcha. Je venais d’arriver d’un village. Je ne savais presque rien. Elle est venue chez nous le samedi pendant un trimestre, gratuitement, pour me remettre à niveau. Aujourd’hui je suis enseignante. Et je fais pareil. »
Yassine, 29 ans, entrepreneur
« M. Hassani, prof d’arabe. Il nous récitait des poèmes par cœur, debout. Il pleurait parfois en lisant Mahmoud Darwich. Je n’aimais pas l’arabe avant. Depuis lui, j’en lis tous les soirs. »
Ce que ces témoignages disent
Aucun ne parle d’un programme. Aucun ne parle d’une note. Tous parlent d’un regard, d’une phrase, d’une présence. C’est ce que produit un grand enseignant : pas un savoir, une croyance. La croyance en soi.



