Le métier d’enseignant aujourd’hui : témoignages
Enseigner en 2026 au Maroc : quatre témoignages
Enseigner au Maroc en 2026 : c’est quoi vraiment ? Au-delà des polémiques sur les statuts, les salaires ou les réformes, ce sont des hommes et des femmes qui entrent en classe chaque matin. Edumag a recueilli quatre voix.
Aïcha, 51 ans, primaire public, Salé
« J’ai commencé en 1998. À l’époque, c’était l’orgueil de la famille. Aujourd’hui, je suis fatiguée mais toujours là. Ce qui a changé ? Les enfants, oui un peu. Mais surtout l’environnement : moins de respect pour le métier, plus d’exigences administratives, des programmes qui changent tout le temps. Ce qui reste ? Le sourire d’un enfant qui comprend. C’est ça qui me tient debout. »
Othmane, 32 ans, collège public, Tanger
« Cadre académique depuis 2018. J’ai 38 élèves par classe, en moyenne. Je gère sept classes. Faire de l’individuel est impossible. Pourtant je le fais — au prix de mes soirées. Ma plus grande frustration : les enfants qui décrochent et qu’on ne peut pas rattraper, faute de temps et de structure. »
Hayat, 39 ans, lycée privé, Casablanca
« Dans le privé, on a moins d’élèves, plus de moyens, mais on a aussi la pression des parents. Une mauvaise note se discute parfois pendant des heures. J’apprends à tenir ma ligne sans rompre la relation. C’est un équilibre fin. »
Idris, 28 ans, primaire rural, région Béni Mellal
« Je suis arrivé il y a quatre ans. Multi-niveaux : CP, CE1, CE2 dans la même classe. La première année a été un choc. Aujourd’hui, je m’attache. Mais je sais que je ne resterai pas longtemps. Le métier est trop dur ici sans appui logistique. C’est dommage. »
Ce qu’on retient
Tous parlent de fatigue. Tous parlent aussi d’un sens qu’ils ne trouveraient pas ailleurs. Tous demandent la même chose : reconnaissance, formation continue, moyens. Le métier est en crise, mais il tient parce que beaucoup d’enseignants tiennent. C’est précieux et fragile.



