Les tabous éducatifs au Maroc
Le tabou de la sexualité
« On en parle pas. » Cette phrase, prononcée mille fois dans les familles marocaines, dessine une carte invisible : celle de ce qu’on transmet par le silence. Sexualité, argent, mort, religion, santé mentale, échec : les tabous éducatifs ne disparaissent pas parce qu’on les évite. Ils prennent juste d’autres formes.
Le tabou de la sexualité
Au Maroc comme dans beaucoup de sociétés, l’éducation à la sexualité reste largement absente du dialogue parent-enfant. Résultat : les ados se forment via internet et les pairs, souvent sur des sources peu fiables. Parler de respect, de consentement, de puberté : c’est de la protection.
Le tabou de l’argent
Combien gagnent les parents ? Combien coûte la scolarité ? Pourquoi telle dépense est-elle évitée ? Beaucoup d’enfants marocains grandissent sans aucune éducation financière. Apprendre à un enfant la valeur de l’argent, c’est lui éviter des angoisses adultes.
Le tabou de la santé mentale
« Il est fort, il s’en remettra. » Ce stoïcisme familial, profondément ancré, retarde la prise en charge d’enfants souffrant d’anxiété, de dépression légère, de stress post-traumatique. La consultation d’un psychologue reste, dans beaucoup de milieux, vécue comme un aveu d’échec.
Le tabou de la mort
« Tu lui diras plus tard. » Quand un grand-parent décède, beaucoup d’enfants sont écartés des rituels, des explications, du deuil. Cela ne les protège pas — cela les laisse seuls avec leur tristesse.
Comment ouvrir le dialogue
Ne forcez pas une grande conversation. Saisissez les occasions du quotidien (une scène de film, une question spontanée, un fait divers). Répondez à la question posée, sans en dire trop ni trop peu. Et autorisez-vous à dire « je ne sais pas » quand c’est le cas.



